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Entretien
Entretien : John Reimer, évaluateur en chef et expert technique s’exprime sur les évaluations de la conformité

le 27 novembre 2020

Entretien : John Reimer, évaluateur en chef et expert technique s’exprime sur les évaluations de la conformité

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Entretien
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Fort de 30 ans d’expérience des services de conformité professionnels, John Reimer nous semble la personne tout indiquée pour expliquer le rôle d’évaluateur en chef et d’expert technique du Conseil canadien des normes (CCN). John a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration et l’enseignement des formations du CCN pour les organismes de certification, les organismes d’accréditation et les inspecteurs. Dans cet entretien, il nous parle de son expérience en tant qu’évaluateur et commente l’importance du respect des exigences et des procédures internationales dans le cadre des évaluations de la conformité.

Q.

Quel est votre rôle au Conseil canadien des normes?

R.

En quelques mots, je vérifie que les personnes chargées des vérifications font bien leur travail. Mon rôle au CCN est de déterminer si les organismes de certification et d’inspection respectent bien les normes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et de la Commission électrotechnique internationale (IEC) que le CCN fixe comme exigences d’accréditation.

Q.

Vous n’êtes pas seulement évaluateur; vous êtes aussi formateur au CCN. Comment vous êtes-vous retrouvé à élaborer et à donner des formations sur les normes ISO et IEC?

R.

J’exerce le métier d’évaluateur depuis très longtemps. Ma première évaluation date de 1991, à l’époque où le CCN avait ses propres normes. Les évaluations de conformité n’ont plus de secret pour moi après autant d’années d’expérience auprès de divers clients. J’utilise les normes ISO/IEC 17065 et 17020 depuis 2012. Vu mon expérience, le CCN m’a demandé d’élaborer et d’animer ces formations.

Q.

Quel est l’aspect le plus valorisant du métier d’évaluateur?

R.

Je dirais l’intelligence et les compétences remarquables des clients. Les personnes que je rencontre pendant les évaluations de la conformité possèdent des connaissances infinies sur des sujets techniques, en plus d’utiliser de nombreuses pratiques commerciales innovantes.

Q.

Pourquoi suivre les formations sur ISO/IEC 17065 et ISO/IEC 17020?

R.

J’ai conçu ces formations pour transmettre mon expertise acquise sur le terrain. J’ai pris le soin d’y intégrer de nombreuses études de cas. Je veux que les apprenants découvrent des connaissances pratiques qui leur serviront dans l’exercice de leurs propres processus d’inspection et de certification. À l’issue de la formation, les participants doivent connaître sur le bout des doigts les compétences requises pour effectuer correctement les tâches qui leur sont confiées (évaluation, examen, décision de certification ou encadrement d’une évaluation de la conformité).

Q.

Pourquoi avez-vous décidé de devenir évaluateur?

R.

J’ai décidé de devenir évaluateur parce que j’y voyais une excellente occasion de découvrir comment les organisations cultivent et maintiennent l’excellence, mais aussi d’en apprendre plus sur les nouvelles technologies.

Les clients qui participent au programme de certification sont reconnus à l’échelle nationale, et le CCN jouit d’une grande notoriété en tant qu’organisme technique. Le CCN collabore souvent avec des innovateurs qui développent, par exemple, de nouveaux logiciels pour les équipements médicaux ou de nouveaux modèles d’ascenseur, sujets qui me passionnent.

Q.

Un exemple concret des avantages d’une évaluation pour un client?

R.

Les normes internationales sont en constante évolution. Je m’assure que nos clients se mettent à la pointe du domaine pour comprendre et appliquer les dernières normes. En 2012, l’ISO a publié les normes 17065 et 17020 à l’intention des organismes de certification et d’inspection. Ces nouvelles normes ont introduit l’idée que les critères de compétence étaient distincts des certificats et de l’expérience.

Après la mise en œuvre de ces normes, j’ai évalué un client dans le bâtiment. Alors que j’étudiais ses systèmes de gestion, j’ai remarqué que le client disposait bien de descriptions de postes, de formulaires d’évaluation du rendement, de questions d’entrevue et d’annonces de recrutement conformes aux normes. Pourtant, il n’avait aucun document pour mesurer les critères de compétence.

Durant le processus d’évaluation, le client ignorait qu’il existait une liste de contrôle pour l’encadrement du personnel sur place malgré le fait qu’il était en poste depuis deux ans.

Ce document, très détaillé, listait les critères de compétence.

Le client a immédiatement saisi l’importance de faire appliquer les critères de compétence dès l’amorce de la démarche de recrutement et de formation. Il dispose maintenant d’un solide processus de ressources humaines qui respecte toutes les normes, et son problème a pu être réglé bien plus facilement qu’il ne le pensait.

Q.

Au cours d’une évaluation, avez-vous donné des conseils ou des services à un client qui se sont révélés profitables?

R.

L’outil incontournable pour apporter de la valeur ajoutée au client est l’observation et, dans une certaine mesure, la mention d’honneur du rapport de constats. Par exemple, à plusieurs reprises, l’équipe avait fait remarquer au client que les critères de compétence étaient éparpillés dans plusieurs documents (descriptions de poste, formulaires d’évaluation du rendement, formulaires de suivi, plans de formation, et formulaires d’entrevue de recrutement), et qu’il fallait qu’il harmonise ses différents outils de gestion des compétences pour respecter les critères.

Il s’est avéré que différentes personnes avaient créé des formulaires et que chacune avait une conception différente des compétences à consigner.

Cette simple observation faite au client sur le manque d’uniformisation lui a permis de corriger son processus. Et de prendre une décision éclairée pour choisir les outils de gestion des compétences les plus adaptés aux critères de compétence.

Q.

Comment votre équipe s’est-elle adaptée pour faire des évaluations à distance?

R.

En fait, nous menons des évaluations à distance depuis 29 ans. L’élément déclencheur : nous étions chez un client sur le terrain, mais il fallait aussi évaluer (à distance) d’autres installations qu’il administrait. Ces premières évaluations à distance nous ont montré que la technologie n’était pas toujours fiable. Certaines de nos équipes travaillent aujourd’hui entièrement à distance, et le CCN a amplifié de manière exponentielle la planification logistique nécessaire pour effectuer les évaluations à distance.

 

Q.

Dans un horizon de 10 ans, quel sera l’effet des technologies sur les formules d’évaluation?

R.

Les nouveaux outils changent la façon de mener les certifications et les inspections. Les produits eux-mêmes deviennent plus difficiles à évaluer. En plus d’évaluer le produit physique, il faut désormais aussi étudier les logiciels et comprendre son fonctionnement.

Je crois que le processus d’évaluation sera géré et contrôlé par des logiciels dans son intégralité. Il n’y aura plus de procédures documentaires comme celles qu’emploie le CCN. Les composantes des procédures qui sont présentement consignées dans des documents seront, je l’espère, intégrées dans un logiciel qui encadrera les processus.

Durant ma carrière au CCN, nombre d’évaluations m’ont suscité des interrogations. La seule chose que je ne souhaite pas voir changer, c’est l’enthousiasme remarquable des clients dans leur quête inlassable de l’accréditation.

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