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Protéger la planète : passer à la vitesse supérieure pour pérenniser la résilience

le 14 octobre 2020

Protéger la planète : passer à la vitesse supérieure pour pérenniser la résilience

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Le bien-être des populations et leur prospérité économique sont tributaires d’un environnement sain. De l’avis général, il est urgent de lutter contre les changements climatiques. Ceux-ci touchent tous les pays du monde, perturbent les économies nationales et affectent la vie sur la planète. Les situations météorologiques changent, le niveau de la mer s’élève, et les phénomènes météorologiques extrêmes s’aggravent. Le récent rapport sur le climat changeant du Canada indique que le climat de notre pays se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Pour donner une chance à la future génération de jouir d’un avenir sain, nous devons passer à la vitesse supérieure, et la normalisation peut être au cœur de la solution.

Ces dernières années, le Conseil canadien des normes (CCN) a intensifié ses efforts dans ce domaine. Jusqu’à présent, son action s’est déclinée en deux grands volets : la réduction des effets des changements climatiques et des phénomènes météorologiques extrêmes et des frais qu’ils occasionnent, et l’aide apportée aux organisations dans leur recherche de solutions pour réduire le plus possible notre empreinte écologique afin d’assurer un avenir durable.

On ne saurait trop insister sur l’importance de l’action menée par le CCN : des normes bien documentées qui reflètent la discipline de cet organisme sont essentielles pour s’adapter aux défis actuels et futurs posés par les changements climatiques.

Comme le mentionne Blair Feltmate, président du Centre Intact d’adaptation au climat, à l’Université Waterloo, « on ne saurait trop insister sur l’importance de l’action menée par le CCN : des normes bien documentées qui reflètent la discipline de cet organisme sont essentielles pour s’adapter aux défis actuels et futurs posés par les changements climatiques. Les orientations du CCN sont perçues par la quasi-totalité des acteurs canadiens comme LA référence, ce qui facilite l’adoption en temps utile de mesures visant à atténuer les risques climatiques futurs. »

Réduire les effets des changements climatiques

En 2016, le CCN a lancé le programme quinquennal Des normes pour la résilience climatique des infrastructures pour appuyer les pouvoirs publics dans les efforts déployés pour contrer les effets des changements climatiques. Son rôle est d’aider la population canadienne à s’adapter à ces changements en facilitant l’élaboration de normes et lignes directrices de qualité. Le CCN collabore avec un vaste réseau d’acteurs afin d’adapter les codes, les lignes directrices et les normes du bâtiment pour favoriser l’adaptation et la résilience climatiques. Son action n’est pas passée inaperçue ces cinq dernières années. Par exemple, de grandes villes canadiennes intègrent désormais à leurs plans municipaux des normes de conception résiliente face aux inondations, et les villes et les offices de protection de la nature ont recours aux normes et aux lignes directrices pour améliorer la gestion des eaux de ruissellement.

Les besoins varient selon les localités. Dans le Nord canadien, la nécessité de relever les défis liés aux changements climatiques est criante. Depuis 2011, le CCN collabore avec les localités, les organismes d’élaboration de normes et les experts dans cette région afin d’intégrer la résilience climatique au cœur des normes qui encadrent la conception, la planification et la gestion des infrastructures nordiques. Dans le cadre de son Initiative de normalisation des infrastructures du Nord, le CCN finance des projets de normalisation pour améliorer la résilience des collectivités, comme l’élaboration d’une norme pour la planification des systèmes de drainage. En respectant cette norme, les localités nordiques sont certaines de faire tous les efforts possibles pour se protéger contre la menace des changements climatiques. Parmi les autres projets menés par le CCN, citons les lignes directrices pour les études géotechniques dans les localités nordiques, où les conditions du pergélisol se transforment. Ces travaux d’importance ont aidé plusieurs localités à choisir les sites de construction les plus convenables pour de nouvelles habitations. En appliquant cette norme, les conseillers techniques et les entrepreneurs coopèrent avec les localités pour faire avancer ces projets essentiels en toute confiance. Plus de 170 ingénieurs, planificateurs et employés municipaux ont été formés pour conseiller les collectivités sur la manière de contrer les effets de la fonte du pergélisol.

Bien que nous ayons observé des résultats très prometteurs, nous n’avons mis en œuvre qu’une fraction des mesures nécessaires pour pérenniser la résilience. Il reste encore beaucoup à faire. Nous devons normaliser la cartographie des zones inondables du pays, car des maisons sont encore construites là où elles ne devraient pas l’être, avec des conséquences désastreuses pour les localités. Il faut déployer des normes pour protéger la population canadienne contre les canicules étouffantes et combler les sérieuses lacunes touchant les localités situées en lisière de forêt, afin de sauver des vies et des biens lorsque des incendies font rage. Ce ne sont là que quelques exemples.

En planifiant en amont et en travaillant collectivement, nous pouvons prendre des mesures concrètes pour atténuer et prévenir ces pertes à l’avenir. Nous poursuivrons nos efforts concertés avec nos partenaires et intervenants, car les normes doivent être au cœur de cette planification.

 

Construire un avenir durable

Nous devons non seulement nous efforcer de diminuer les effets des changements climatiques sur notre quotidien, mais aussi veiller à trouver des moyens de réduire le plus possible notre empreinte écologique. En tant qu’organisme d’accréditation principal au Canada, le CCN a lancé son premier programme environnemental en 1996, qui portait sur l’accréditation des organismes certifiant des systèmes de management environnemental. Ces systèmes permettent aux organismes de vérifier les incidences écologiques de leurs activités en les aidant à se fixer des cibles et des objectifs environnementaux, et à évaluer les progrès.

Le CCN offre également une accréditation aux organismes validant et vérifiant les déclarations relatives aux gaz à effet de serre (GES) depuis de nombreuses années. Il existe des programmes provinciaux de déclarations des émissions et de plafonnement et d’échange, ainsi qu’un Système de tarification fondé sur le rendement établi par le gouvernement fédéral pour contribuer à la réduction de ces émissions. L’application de ces dispositifs passe par l’intervention des organismes de vérification et de validation, dont certains sont accrédités par le CCN.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’aviation compte pour quelque 2 % des émissions mondiales de CO2 produites par l’activité humaine. En 2018, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a mis en œuvre de nouvelles mesures pour la déclaration des émissions et la déclaration triennale des compensations pour le secteur de l’aviation. En étroite collaboration avec Transports Canada, le CCN a établi un sous-programme d’accréditation s’alignant sur le Régime de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale (CORSIA) de l’OACI, fondé sur une norme de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). CORSIA vise à compenser et à stabiliser les émissions de carbone de l’aviation internationale. Si l’on constate une diminution du trafic aérien en contexte pandémique, il faut cependant poursuivre les efforts déployés pour trouver des solutions à long terme.

Sur la scène internationale, le CCN veille à ce que le Canada participe aux échanges importants sur l’environnement et la durabilité par l’entremise des comités techniques (TC) de l’ISO et de la Commission électrotechnique internationale (IEC). Certains de ces comités existent depuis longtemps, comme l’ISO/TC 207 Management environnemental, qui, depuis 1993, joue un rôle névralgique dans la normalisation de systèmes et d’outils de management environnemental pour favoriser le développement durable partout dans le monde. Le Canada préside ce comité depuis sa création. Aujourd’hui, les travaux du comité sont dirigés par l’une de nos expertes techniques, Sheila Leggett.

Le CCN participe également à d’autres comités internationaux tels que les nouveaux groupes de travail sur l’économie circulaire, la finance durable et l’économie du partage. Il facilite la participation des Canadiens et des Canadiennes à de nombreux autres comités qui n’ont peut-être pas de but environnemental précis, mais dont les travaux contribuent à l’un ou à plusieurs des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 de l’ONU, comme étendre l’accès à l’eau potable ou aux services sanitaires.

Par son Initiative d’innovation, le CCN collabore de près avec des entreprises du secteur des écotechnologies, comme Terragon, à des stratégies normatives adaptées. Il examine aussi les possibilités de financement pour leurs projets. Terragon, qui a mis au point un microsystème autonome de gazéification pour convertir les déchets ménagers en énergie, compte parmi les nombreuses entreprises qui ont besoin d’une solution de normalisation pour pouvoir commercialiser leurs technologies émergentes. Le CCN aide les innovateurs et les organisations à comprendre ce que la normalisation peut leur apporter, comment commercialiser une idée et en quoi une stratégie de normalisation est aussi importante que la protection de la propriété intellectuelle. Il accompagne les innovateurs du domaine des technologies propres dans leurs démarches normatives. Le soutien apporté se traduit par une participation accrue aux comités techniques assortie de fonctions d’encadrant, la rédaction de nouvelles normes et la création de programmes d’évaluation de la conformité reposant sur des normes existantes. Pour que le marché soit prêt à accepter les écotechnologies et en saisisse l’importance, le CCN fait également valoir l’utilité des normes et de l’évaluation de la conformité auprès des décideurs politiques, en particulier dans les secteurs du bâtiment et des transports, et des industriels. Nous devons continuer à renforcer la compétitivité à long terme du Canada en favorisant une croissance propre.

Passer à la vitesse supérieure

Le CCN s’est engagé à fournir sa part d’efforts pour préserver la santé et la beauté de notre planète en aidant et en incitant la population canadienne et les entreprises à continuer de participer aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en accompagnant les innovateurs du secteur des technologies propres dans leurs démarches normatives, lesquelles favorisent la commercialisation et l’accès aux marchés, et en aidant les localités à s’adapter et à se préparer pour affronter la menace des conditions météorologiques extrêmes.

Les normes adaptées aux risques climatiques sont non seulement un moyen d’inscrire la résilience des infrastructures dans la durée, mais aussi, éventuellement, d’attaquer le problème à la source. L’évolution des méthodes de construction, l’utilisation de sources d’énergie à faibles émissions de carbone et une conception et une exploitation raisonnées pourraient en effet réduire le nombre de travaux d’entretien et de réparation coûteux. Ces mesures pourraient aussi faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre, principale cause des changements climatiques. Il faut aussi se pencher sur les transports en commun. La collaboration récemment nouée entre le CCN et Metrolinx pour créer un programme d’accréditation d’évaluateurs indépendants de la sécurité des systèmes ferroviaires illustre parfaitement le rôle que peut jouer la normalisation pour que la population canadienne ait accès à des transports encore plus sûrs et plus propres.

Les changements climatiques et la durabilité continueront d’être au centre de la stratégie globale du CCN dans les années à venir. Il faut absolument renforcer la résilience climatique des infrastructures canadiennes pour préparer l’avenir du pays. Nous poursuivrons nos efforts pour faire intégrer les normes dans les codes, les règlements, ainsi que dans les politiques de financement et d’approvisionnement, qui sont autant de puissants vecteurs pour garantir leur respect. Par ailleurs, nous continuerons d’inciter les Canadiens et les Canadiennes ainsi que les organisations à participer aux activités de normalisation volontaire et à appliquer les normes qui en découlent. En fin de compte, notre but est de protéger tous les Canadiens et les Canadiennes, et à les assurer de la sécurité et de la résilience des domiciles, des localités et de l’environnement en général pour des années à venir.

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    Les normes à l’œuvre : pérenniser la résilience climatique

    • Entre février et août 2020, le CCN a sollicité des acteurs concernés partout au pays pour recenser les lacunes de l’adaptation climatique canadienne. Sa campagne Les normes à l’œuvre : pérenniser la résilience climatique a fait remonter les points de vue de centaines d’experts qui comptent sur les normes pour penser, construire et entretenir bâtiments et installations. Les informations, les éclairages et les recommandations des participants ont nourri et enrichi les réflexions sur le sujet.

      La campagne a fait ressortir six grands constats :

      1 – Le Canada a besoin de normes pour encadrer les risques, mais l’urgence de cette action varie par région et par secteur.

      2 – La riposte canadienne aux changements climatiques se dessine et prend de l’élan, mais il manque toujours des normes et des outils.

      3 – La mobilisation des forces vives de la normalisation nécessite une action tournée davantage vers la sensibilisation, l’accompagnement et le renforcement des capacités.

      4 – La normalisation pourrait améliorer le rapport coût-efficacité des démarches autour de plus de 35 défis d’adaptation, de mitigation et de pérennisation.

      5 – Plus d’une centaine de Normes nationales du Canada doivent urgemment être adaptées aux nouvelles réalités climatiques.

      6 – Le système de normalisation du Canada est susceptible d’améliorations en ce qui concerne sa rapidité, ses ambitions et son écoute de perspectives diversifiées.

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